Extrait du livre "C'était Hier", pages 64-65

L'habillement entraînait une dépense importante pour le budget du paysan bressan. Si, pour la nourriture, il pouvait vivre en grande partie des produits de son exploitation, il devait par contre acheter la quasi-totalité de ses vêtements.

Il faut signaler qlue, jusque vers 1920, subsistait la culture du chanvre. Elle permettait, quand on tissait les fibres, de confectionner des draps et des vêtements de travail. Mais après la guerre de 1914-1918, cette culture n'a pas été reprise.

Vêtements masculins

a) Vêtements de travail :

En hiver, on s'habillait d'un pantalon de velours, d'une ceinture de flanelle, d'une chemise de coton à grandes manches, d'un tricot de laine et d'un veston. On se chaussait de sabots souvent garnis de tresses de paille et parfois de grosses chaussettes de laine noire tricotées à la main.

On se coiffait d'un chapeau de feutre.

En été, on s'habillait d'un pantalon bleu de coton ou de coutil gris, d'une chemise à longues manches recouverte d'un veston. On portait également des sabots garnis de tresses de paille aux pieds et sur la tête un chapeau de paille.

L'hiver, beaucoup d'hommes portaient en plus un grand tablier bleu qui recouvrait genoux et pantalon.

Il faut également ajouter que pour le curage des fossés, les hommes remplaçaient les sabots par des bottes. Elles étaient constituées par de gros sabots recouverts, sur lesquels était clouée une tige de cuir qui montait jusqu'aux genoux, précurseur des actuelles bottes en caoutchouc ("bottes à sabot - boute à cabeu").

b) Vêtements de petite sortie :

Pour les foires et les marchés, les hommes portaient un complet de velours grosses côtes et des brodequins. Cette tenue a remplacé la blouse en toile de chanvre bleue, "Ia roulièzhe", portée avant la guerre 14-18.

c) Vêtements de cérémonie :

Pour les fêtes ou les cérémonies familiales, les hommes s'habillaient d'un complet de laine noire uni ou rayé, comprenant : veste, gilet, pantalon, chemise col dur en celluloïd, cravate. Les manches de la chemise étaient fermées par des jumelles.

Ils se chaussaient de souliers montants fins avec des chaussettes de couleur. Quand, dans les années 20, la mode des souliers bas est apparue, on complétait les chaussures par des petits guêtres qui cachaient le dessus du pied.

Vêtements féminins

a) Vêtements de travail :

En hiver, les femmes portaient des robes et des jupes longues noires ou grises, un caraco de même couleur, un tablier bleu ou gris, des chaussettes noires, des sabots couverts et, sur la tête, un fichu gris carré de tissu plié en diagonale, noué sous le menton, couvrant la tête et la nuque.

b) Petites sorties :

La robe de couleur grise, et caraco. Sur la tête, la coiffe ou le fichu. Aux pieds, des souliers ou des sabots à coussins de couleur noire ou jaune foncé.

c) Grandes sorties :

Des ensembles plus raffinés, la coiffe ou le chapeau, des souliers. L'achat de ces vêtements engendrait une lourde dépense. lis étaient portés le plus longtemps possible et on en prenait grand soin.

Vêtements d'enfants

a) Les garçons :

Jusqu'à deux ans, ils portaient des robes commes les filles, puis une culotte courte, une chemise à manches longues, un tricot, une veste, des sabots couverts, et en hiver des chaussettes de laine.

b) Les filles :

Elles revêtaient une robe de couleur, veste et caraco, des sabots à coussins et de grandes chaussettes de laine.

Il faut noter qu'à cette époque, les femmes tricotaient beaucoup : chaussons, chaussettes, tricots, etc. Elles entretenaient soigneusement le linge et reprisaient ou recousaient les vêtements usagés ou déchirés.

A mesure que les enfants grandissaient, ils s'habillaient avec le linge de leurs aînés, et c'était pratiquement toujours les mêmes qui étrennaient les vêtements neufs.

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