mercredi 23 juillet 2008
 

 

L’Association Maison de Pays en Bresse ne se contente pas seulement de sauver de vieux bâtiments typiques de la Bresse, mais elle s’attache aussi à faire revivre les traditions du monde paysan d’autrefois. Faire revivre pour éviter que le parler, les gestes ne sombrent définitivement dans l’oubli avec la disparition de toute une génération d’hommes et de femmes nés dans la première moitié du 20ème siècle. Mais aussi transmettre leur savoir aux plus jeunes d’entre nous ...

 

Le Cercle Patoisant

Un " Groupe patois " s’est constitué en 1988, fort d’une quinzaine de personnes, en majorité d’anciens agriculteurs. Puis, des amis de communes voisines sont venus grossir l’effectif jusqu'à le doubler. Les réunions ont lieu une fois par mois, sauf pendant l’été.

Tous les participants, hommes ou femmes, ont en commun cette langue, leur langue maternelle d’origine franco-provençale : dans la campagne, on ne parlait que le patois et bien souvent les enfants découvraient le français à leur entrée à l’école. Tous souhaitaient en premier lieu parler entre eux le patois qui, selon eux, leur permettait d’exprimer plus aisément leurs pensées et leurs sentiments qu’en français.

Les publications du Cercle Patoisant

Petit à petit, un travail plus sérieux fut mis en place : choisir des thèmes se rapportant à leur vie passée, puiser dans leurs souvenirs, les enregistrer pour en garder une trace sonore pour l’avenir. Mais ceci ne suffisait pas. Raconter la vie en Bresse telle que tous l’avaient vécue, dans la période entre les deux guerres représentait un travail énorme de mémoire. Ainsi furent évoqués les coutumes, les traditions bien ancrées dans la campagne, le travail collectif, dans les champs au rythme des saisons, les fêtes ... tous les aspects de la vie rurale d’autrefois.

Chacun rédigeait son texte qu’il soumettait ensuite au groupe : les écrits étaient discutés, remaniés, modifiés, jusqu'à leur approbation définitive. Ils furent ensuite imprimés et regroupés en un livre intitulé " C’était hier ou Mémoire de la Vie Bressane par les Gens du Pays ", présenté officiellement au public le 30 avril 1995 et mis en vente à partir de cette date (sur place ou sur commande, à la Maison de Pays en Bresse à 01370 St Etienne du Bois). C’est une œuvre très originale puisqu’il s’agit avant tout d’un recueil de textes écrits par des personnes différentes, avec leur sensibilité, leur façon de s’exprimer, mais qui toutes ont puisé dans leurs souvenirs : assurément la meilleure manière de connaître véritablement la vie en Bresse autrefois.

(voir un extrait du livre)


En même temps et à partir de 1989, le groupe décida de mettre en chantier un glossaire des mots patois. Là encore un travail gigantesque de recherche était à réaliser. Il fallait répertorier chaque mot, puis l’écrire avec sa traduction exacte. Tâche ardue quand on sait que le patois est avant tout une langue parlée. Le Professeur Jean-Baptiste Martin, linguiste distingué de l’Université Lumière Lyon II et spécialiste du patois franco-provençal, a apporté son aide précieuse pour la transcription écrite des mots. Finalement, au terme de huit années de travail acharné mais convivial, le Glossaire Patois bressan regroupant quelque 5 500 mots a vu le jour le 22 juin 1996 sous le titre de " Qu’elle était riche notre langue " (disponible à la Maison de Pays en Bresse à 01370 St Etienne du Bois).

(voir un extrait du livre)

Le dernier ouvrage du Cercle Patoisant est un dictionnaire français-patois qui vient très justement compléter le glossaire patois-français. Publié en janvier 2001, il est essentiellement le fruit du travail de l'un des membres du groupe et a nécessité une année entière de recherches : en effet, le patois utilise de nombreuses expressions et il faut en connaître la définition exacte avant d'en donner une traduction. A titre d'exemple, le simple mot "pluie" peut se traduire de différentes manières selon qu'il s'agit d'une pluie douce, légère ou plus forte ...

Avis aux amateurs : si vous voulez découvrir les mots usuels du monde paysan ou tout simplement retrouver la mémoire d'un terroir, et pourquoi pas rédiger un faire-part ou une invitation en patois, cet ouvrage vous sera d'une grande utilité, voire indispensable (en vente à la boutique de la Maison de Pays en Bresse).

 

La Fête du Franco-Provençal

Dans le cadre du Patois, qui, rappelons-le, est une langue issue du patois franco-provençal, notre Association participe au " Rassemblement du Patois Franco-Provençal ". Regroupant les italiens, suisses et français, il se déroule chaque année au mois de septembre. Au cours d’une journée conviviale débutant par une messe dite en patois, la Bresse côtoie des représentants du Piémont, du Val d’Aoste, de la Savoie, de la Suisse Romande ... Tous défilent dans les rues du village organisateur. Le repas pris en commun est suivi d’une présentation musicale et folklorique de chaque contrée, durant l’après-midi. Peut-être un jour, St Etienne du Bois organisera-t-il ce rassemblement ?

 

La Vannerie

Une autre activité de l’Association tend à se développer de plus en plus : la vannerie. Quelques anciens connaissent encore l’art de tresser les osiers pour réaliser les corbeilles, bien utiles autrefois pour le travail dans les fermes. Faire des démonstrations au cours des fêtes est sans doute enrichissant pour le public, mais transmettre son savoir devient une œuvre de sauvegarde.

C’est pourquoi, depuis quelques années, sont organisées en hiver des sessions de vannerie qui connaissent un franc succès. Moyennant un coût très modique, dans la joie et la bonne humeur, des personnes de toute condition, débutants ou confirmés, viennent apprendre les gestes d’autrefois pour réaliser les paniers en osier ou les " benons " en paille de bois (appelée aussi molinie bleue) et éclisses de noisetier. (Les banetons ou "benons" sont des corbeilles rondes ou allongées qui servaient à faire lever la pâte à pain avant de l’enfourner). Pour tout renseignement concernant les stages de vannerie, contactez-nous.

Un des membres de notre Association a réalisé un benon géant de 2,15 mètres de diamètre, pour une hauteur de 92 centimètres, et pesant 122 kilogrammes. Cette réplique exacte du benon traditionnel a nécessité 233 heures de travail. Il a reçu au mois de juin 2002 l'homologation par le "Guinness des Records".

Le Jeu de Quilles

Autrefois, chaque hameau avait son jeu de quilles, pratiqué par de nombreux adeptes. Le jeu de quilles occupe une place de choix sur le site de la Maison de Pays en Bresse. D’une longueur de 18 m sur 2 m de large, sa réalisation aura nécessité par moins d’une centaine d’heures aux bénévoles de l’Association. Composé de sept quilles et d’une boule, la règle du jeu consiste à faire tomber le plus de quilles à la fois, mais pour que le coup soit valable, il faut d’abord faire tomber celle du milieu. Quelques joueurs se retrouvent maintenant chaque semaine pour des parties animées. Tous les joueurs de quilles sont donc cordialement invités à passer un moment avec nous. Et chaque visiteur de notre Maison de Pays peut, le dimanche après-midi, s’initier à ce jeu typiquement bressan.

 

Activités diverses

Conférences ... et autres

D’autres animations plus ponctuelles se déroulent dans notre maison. Chaque année, au printemps, notre Maison de Pays en Bresse est le cadre de conférences, données par un historien : les sujets abordés, très variés, ont trait à différents aspects de la vie en Bresse autrefois, abordant l’histoire de la région, ou plus simplement les grands voyageurs, les mariages ...

La Télévision

Notre Maison de Pays a reçu en décembre 1997 les honneurs de la télévision. Un reportage destiné à passer sur TF1 a tout d’abord été tourné, ayant pour thème les cheminées sarrasines et la veillée bressane autour de la cheminée. Puis quelques jours plus tard, c’était au tour de France 3 d’investir les lieux : l’émission " Pousse-Café " a en effet été réalisée dans nos murs, avec présentation de spécialités bressanes, de danses folkloriques et autres coutumes.

Les Vieux Métiers

Notre Association est maintes fois, au cours de l’année, sollicitée pour une participation à différentes fêtes dans les villages voisins. Son rôle est de présenter les vieux métiers d’autrefois au public. Ainsi, des femmes font une démonstration du filage du chanvre ou du repassage des coiffes tandis que les hommes réalisent des paniers et corbeilles en osiers ou des " benons ". D’autres tressent les cordes qui servaient à attacher les jeunes bêtes. L’aiguisage des couteaux a toujours beaucoup de succès ... Toutes ces fêtes organisées dans le but de promouvoir les traditions, de faire connaître aux plus jeunes la vie passée et de remémorer aux plus anciens leurs souvenirs remportent un vif succès.

Visite des scolaires

La sauvegarde du patrimoine représente une partie très importante de nos activités. Notre Maison de Pays se veut une vitrine du mode de vie de la Bresse. Mais elle n’est pas tournée uniquement vers le passé. Ainsi, tout au long de l’année, elle reçoit de nombreux scolaires pour leur faire découvrir nos expositions. Un dossier à l’usage des instituteurs a aussi été réalisé avec, pour les élèves, un jeu sous forme de questionnaire.

 

Opération " Sauvetage du Rwanda "

Notre Maison se préoccupe aussi de l’avenir. Elle s’est investie dans une opération de sauvetage du Rwanda par l’envoi de graines potagères.

Tout le monde se souvient de ce petit pays d’Afrique, qui fut le théâtre de massacres en 1994. En 1997, invité par le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD), un responsable de la Jeunesse Ouvrière Catholique (JOC) a fait un long séjour en France. Il est venu dans notre Association pour nous parler de la ferme-école créée l’année précédente près de Kigali. Et en est reparti avec un joug permettant d’atteler une seule vache : ce joug a été fabriqué spécialement par un membre du groupe patois de notre Maison de Pays, et a servi ensuite de prototype pour la réalisation de nombreux autres par les artisans Rwandais. Une action toute simple pour aider au développement de l’Afrique.

Puis, en fin d’année, une collecte de semences potagères et fourragères a été organisée pour permettre aux Rwandais de cultiver leur terre et d’éviter ainsi de nouvelles famines. Un an plus tard, les résultats obtenus étaient porteurs de tous les espoirs : diversification des productions et rendement satisfaisant ... qui peu à peu s’étendent à tous les agriculteurs.

 

Stages

Benons

tous les samedis de janvier, de 8h à 12h

Vannerie osier

tous les vendredis de février, de 14h à 18h
et tous les samedis de février, de 8h à 12h

Paillage de chaises

non défini

Ferronerie

tous les samedis d'avril, de 8h à 12h


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